« Le jardin des Finzi-Contini » de Giorgio Bassani

par | Mar 24, 2022 | maria lit | 1 commentaire

 

Bonjour ! Chronique du chef-d’oeuvre de Giorgio Bassani !

« Combien d’années s’est-il écoulé depuis ce lointain après-midi de juin ? Plus de trente. Pourtant si je ferme les yeux, Micol Finzi-Contini est toujours là, accoudée au mur d’enceinte de son jardin, me regardant et me parlant. »

Ce roman à la beauté envoutante, l’un des chefs-d’œuvre de la littérature italienne du vingtième siècle, a été adapté au cinéma par Vittoria de Sica avec Dominique Sanda dans le rôle de la belle Micol.

Le narrateur, Giorgio, nous plonge dans l’âge d’or de sa jeunesse, le temps de l’insouciance et des premières amours dans une société provinciale italienne que la seconde guerre mondiale va briser à jamais. Le roman débute par la visite d’une nécropole et d’une tombe énorme et prétentieuse, une tombe de riches, celle de la famille des Finzi-Contini, d’origine juive. La jeune Micol qu’il a tant aimée n’y est pas enterrée, car comme le dit Giorgio, elle et les membres de sa famille déportés en Allemagne, qui pourrait dire s’ils ont trouvé une sépulture quelconque ?

Dans une langue inoubliable, teintée de poésie, Giorgio déroule ses souvenirs ancrés dans une période marquée par les lois raciales qui viennent d’être promulguées en Italie. Au départ insouciants, les protagonistes du roman seront rattrapés par le tragique des évènements.

Giorgio et la famille Finzi-Contini vivent à Ferrare. Ils se fréquentent tout en n’étant pas du même monde. A la suite de la promulgation des lois raciales, ils vont se voir exclus de leur club de tennis. Micol décide alors d’organiser des parties de tennis dans le cadre paradisiaque du jardin de la propriété de sa famille. Giorgio s’éprend de MIcol sans espoir de retour.

Ces jeunes gens, se promènent, font du vélo, des parties de tennis acharnées, rient, flirtent tandis que le monde autour d’eux commence à s’écrouler. Inconscients de ce qui les attend ?

Pourtant, Micol, au cœur de l’eden, dans la chaleur de cet été idyllique, est parfois inexplicablement triste.  Ne disait-elle pas que « son avenir économique et social la laissait totalement indifférente, qu’elle abhorrait l’avenir en soi, lui préférant de beaucoup le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui et plus encore le passé, le cher, le doux, le charitable passé ». Prémonition du destin qui l’attend si jeune ?

Le monde bascule autour de ces jeunes qui ne demandaient qu’à vivre… Ils seront broyés.

De cette période adulée et enfuie à jamais, Giorgio nous conte  « le peu de chose que le cœur a été capable de se rappeler »….

 

Author: Maria Briffaut

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